Notre club porte haut et loin les couleurs de l’escrime Yssingelaise. Depuis longtemps les Duellistes brillent sur les pistes départementales, régionales et nationales. Mais au delà de ces résultats flatteurs, le club souhaite plus que jamais proposer un accueil et un encadrement de qualité à tous. Cette volonté se concrétise dans un projet éducatif global qui tient compte des caractéristiques de chacun d’une part et de la spécificité de l’escrime d’autre part. L’escrime Comme tous les sports de combat l’escrime permet la découverte de l’opposition dans un cadre très réglementé. Comme dans tous les sports de combat l’escrimeur se retrouve face à un adversaire qui va essayer coûte que coûte de le battre. Comme pour les autres sports de combat, l’escrime peut donc véhiculer des valeurs de respect, de combativité, de responsabilité et de loyauté… Cependant trois caractéristiques spécifiques à l’escrime permettent de dessiner son originalité et sa richesse.

On pratique l’escrime !

Tout d’abord l’escrime est un sport qui se pratique plus qu’il ne se regarde. La complexité et la rapidité des actions avec en plus un arbitrage difficile à comprendre font de notre sport un beau spectacle mais un spectacle qui dégage très peu d’émotion. Le spectateur (comme le téléspectateur) subit un peu les évènements quand il regarde un assaut. Car l’escrime, et c’est ce qui fait sa singularité, est une activité physique qui mobilise avant tout notre cerveau. Le vainqueur n’est pas toujours le plus costaud, le plus grand, le plus rapide, le plus technique… Le vainqueur c’est bien souvent le plus intelligent. A partir d’un certain niveau celui qui gagne c’est celui qui a été le plus malin. Donc si une touche est rarement spectaculaire, elle sera toujours le résultat d’une stratégie mentale qui a pris le dessus sur la stratégie mentale de l’adversaire. Au delà du plaisir légitime que procure la victoire, c’est cette recherche permanente de la ruse qui alimente en permanence la soif de l’escrimeur. Seule l’escrime peut procurer cette sensation de domination subtile et intime sur autrui. Bien sûr il faut beaucoup de temps et de travail pour arriver à s’exprimer de la sorte. Cependant cette caractéristique nous permet dès les premiers apprentissages de mobiliser toutes les ressources de l’enfant, en l’invitant à agir mais aussi à réfléchir. Cette réflexion autour de l’action nous permet d’élaborer un projet éducatif qui valorisera autant l’intention de l’escrimeur que le résultat de son action.

Un sport sécurisant

La deuxième caractéristique de l’escrime se trouve dans son côté sécurisant. Non seulement l’escrime est un sport qui n’est pas dangereux mais c’est aussi un sport où il y a très peu d’accident musculaire et articulaire. A la différence des autres sports de combat, l’escrimeur peut s’engager pleinement dans l’affrontement physique sans risquer de se blesser ou de blesser son adversaire. Cet élément nous permet d’entrée très rapidement dans une logique d’opposition, permet aux jeunes enfants de s’extérioriser et de s’investir pleinement dans le combat sans crainte. Petits et grands, forts et moins forts, garçons et filles, une fois protégés par le masque, peuvent s’imposer, s’extérioriser et éprouver des sensations. Cette possibilité d’affrontement dans l’action nous permet d’élaborer un projet éducatif qui valorisera autant l’opposition que le respect de l’adversaire.

Un sport démocratique

Tout le monde a déjà joué à Zorro, tout le monde s’est un jour ou l’autre transformé en mousquetaire, tout le monde est plus ou moins attiré par le côté spectaculaire et imaginaire du duel. Cependant cette représentation des armes est plus symbolique que technique. Tous les débutants en escrime sont vraiment débutants d’un point de vue moteur. A la différence du football, tous les jeunes de 6 à 18 ans nous arrivent en club avec les mêmes armes, avec les mêmes problèmes à résoudre, avec les mêmes défauts. De ce point de vue nous pouvons dire que l’escrime est une activité très démocratique, car derrière le masque, les débutants sont tous logés à la même enseigne. L’histoire de chacun importe peu, seuls le travail et la volonté permettront de progresser. Cette égalité des chances avant l’assaut nous permet d’élaborer un projet éducatif qui valorisera plus l’effort que le confort, plus les apprentissages que les acquis.